samedi 19 septembre 2020

l'Enfer dans la Peau (1965)


Si l'on s'en réfère aux différentes critiques et article au sujet de l'Enfer dans la Peau, il faut s'attendre à un film imbitable et obscur. En fait, s'il l'on considère juste que Bénazéraf n'a pas eu le courage ou les moyens (ou les deux) de réaliser des plans d'extérieurs nuit, son film reste abordable, en revanche son second titre, "La Nuit la plus Longue", ne ment, pas, vous êtes prévenus :

Une poignée de petites frappes kidnappe la fille d'un riche industriel et la gardent dans une maison de campagne en attendant l'arrivée des commanditaires à 4 heures du matin. L'attente est rythmée en permanence par le bruit d'une horloge qui égrène les secondes, quelques séances de froti-frota et une tentative de fuite de la part de la victime, au son des solos de trompette de Chet Baker : 


La fille s'amourachera avec le plus jeune des gangster et ils tenteront à nouveau de s'enfuir mais la police s'invite à la partie, annonçant une fin tragique : 


Froid et nonchalant comme souvent chez le réalisateur, l'Enfer dans la Peau peut plaire aux intellos qui n'ont pas peur de s'ennuyer.

lundi 14 septembre 2020

Les Enfants de l'Amour (1953)


Mélodrame des années 50 sur les filles mères, Les Enfants de l'Amour suit la vie dans un institut recueillant les donzelles dans cette situation et donne un éventails des caractères qui le peuplent, le l'inévitable gouailleuse :
 

à la paysanne rigolote au fort accent (ici, une morvandiaude) : 


On échappe pas non plus à un peu de moraline enrobée de violons, évidemment : 



L'intrigue est surtout axée autour de l'arrivée d'une nouvelle jeune fille enceinte qui semble cacher quelque-chose. En effet, elle a été contactée par une sage femme qui lui propose, une fois qu'elle l'aura accouchée, de laisser son bambin à un couple de bourgeois ne pouvant pas procréer. Mais l'affaire ne l’intéresse pas et elle propose le plan à sa camarade :
 

La situation fait polémique dans l'institut qui cherche avant tout la discrétion et à éviter les ennuis et met tout le monde dans l'embarras lorsque la police débarque.
On est en 1953, je le rappelle, et Les Enfants de l'Amour commence à se faire confronter l'idée d'un planning familial (représenté par le docteur)...ou une politique malthusienne ? et la religion qui veut vaille que vaille voir ses fidèles se reproduire au point d'y aller à la cool dans ses sermons :

  

On notera enfin un moment de cinéma assez soigné dans cette œuvre plan plan, lors du flashback de la perte d'un enfant, de nuit dans une grange où est garée une charrette gigantesque, offrant un jeu d'ombre quasi expressionniste.