lundi 14 septembre 2020

Les Enfants de l'Amour (1953)


Mélodrame des années 50 sur les filles mères, Les Enfants de l'Amour suit la vie dans un institut recueillant les donzelles dans cette situation et donne un éventails des caractères qui le peuplent, le l'inévitable gouailleuse :
 

à la paysanne rigolote au fort accent (ici, une morvandiaude) : 


On échappe pas non plus à un peu de moraline enrobée de violons, évidemment : 



L'intrigue est surtout axée autour de l'arrivée d'une nouvelle jeune fille enceinte qui semble cacher quelque-chose. En effet, elle a été contactée par une sage femme qui lui propose, une fois qu'elle l'aura accouchée, de laisser son bambin à un couple de bourgeois ne pouvant pas procréer. Mais l'affaire ne l’intéresse pas et elle propose le plan à sa camarade :
 

La situation fait polémique dans l'institut qui cherche avant tout la discrétion et à éviter les ennuis et met tout le monde dans l'embarras lorsque la police débarque.
On est en 1953, je le rappelle, et Les Enfants de l'Amour commence à se faire confronter l'idée d'un planning familial (représenté par le docteur)...ou une politique malthusienne ? et la religion qui veut vaille que vaille voir ses fidèles se reproduire au point d'y aller à la cool dans ses sermons :

  

On notera enfin un moment de cinéma assez soigné dans cette œuvre plan plan, lors du flashback de la perte d'un enfant, de nuit dans une grange où est garée une charrette gigantesque, offrant un jeu d'ombre quasi expressionniste.

samedi 15 août 2020

Encore plus avec Mélisa (1979)


Encore plus avec Melisa se trouvait dans le commerce sous le nom de Lady X. Le film commence le long d'une plage chypriote magnifiquement photographiée (quelle lumière !) le temps d'une petite leçon d'histoire !


Nous allons donc suivre le narrateur, chef d'entreprise de fabrique de lingerie féminine qui, sur les conseils d'une petite culotte parlante, va courir après sa femme qui elle, a mis la main sur la carte donnant l'emplacement du trésor de Richard Coeur de Lyon.

Erotique avec inserts hard, on y voit notamment une scène avec Claudine Beccarie intégrée tant bien que mal, Encore plus avec Melisa est aussi l'occasion de voir Muriel Montossé bien jeune, incarnant la secrétaire du patron. Mais l'intrigue est poussive, le film est pénible à suivre.

L'ensemble gravite beaucoup autour des culottes, on fait un peu de tourisme, on se retrouve par exemple parachuté en pleine danse folklorique au beau milieu du métrage et pendant les scènes de rue ou de marché, on voit les autochtones pas trop au courant de ce qu'il se passe essayer de donner tant bien que mal le change malgré les longs regards caméra.

Au final, pas grand chose à retenir si ce n'est la très belle photo sur certains plans de bord de mer et une petite chanson pour la fin :


samedi 18 juillet 2020

En Effeuillant la Marguerite (1956)


Très peu de temps avant Et Dieu Créa la Femme, Roger Vadim écrit pour Brigitte Bardot. En Effeuillant la Marguerite est une comédie légèrement sexy digne du théâtre de boulevard à grande échelle.
Vichy, milieu des années 50, un écrivain local a sorti un livre qui émeut particulièrement les notables de la ville:

Il s'avère que l'écrivain est une écrivaine, la fille du général qui, pour prouver son talent, décide de partir à Paris rejoindre son frère prétendument peintre à succès à la capitale.
Il va se soi que la jeune Agnès (Brigitte Bardot, donc) se fera courtiser sans même avoir pris le temps de descendre sur le quai. A ses basques, un un duo journaliste/photographe coureurs de jupons qui vont tout faire pour la revoir et essayer de la mettre dans leur lit.
A Paris, Agnès s'installe à l'adresse de son frère (le musée Balzac !) qui ne fera son apparition que beaucoup plus tard. Et il est interprété par l'immense Darry Cowl qui, dès les premières secondes devant la caméra fait décoller enfin le film qui s'enlisait dans la comédie lourdingue :


Parce-que sorti des quiproquos dont Feydeau n'aurait pas voulu et des accents de merde préfigurant Michel Leeb :


la comédie ne prenait pas et l'érotomane n'avait pas grand-chose à se mettre devant la rétine.
Puis, par une bourde faite par la frangine (elle a vendu un original de Balzac), les voilà obligés de trouver une grosse somme d'argent pour éviter une catastrophe.
Or un concours de strip-tease doté d'un très bon prix est organisé. Agnès décide d'y participer, non sans appréhension :


D'autant que la finale doit se dérouler au casino de Vichy.
Il ne faut pas attendre grand-chose d'En Effeuillant la Marguerite, quelques furtives scènes de strip-tease, des vannes foireuses de l'équipe de journalistes (qui compte Daniel Gélin), le déroulement se fait  poussif sur la fin, alors on patiente en attendant de revoir Darry Cowl faire son sketch et, si la période actuelle est aux films sombres ou aux comédies industrielles, on savoure quand-même la naïve légèreté de l'ensemble.

mercredi 8 juillet 2020

L'Emprise des Caresse (1976)


Coproduction franco-suédoise bien troussée qui évoque vaguement Bel-Ami de Maupassant.
Ici, le rédacteur poète un peu strict :

se retrouve embauché par un magazine moderne pour livrer quelques-un de ces écrits dans un premiers temps. Et à cette occasion, il découvre le monde de l'édition mondaine de charme en même temps qu'un certain talent pour emballer ces dames. Puis de fil en aiguille prends de plus en plus de sujets à son compte allant même jusqu'à fricoter avec le gratin de la jet-set internationale :


Les situations s'enchaînent sans baisse de rythme, Harry Reems assurant toutes les scènes érotiques (ou pornographiques suivant le montage) dans les bras d'un casting féminin plaisant.
Le tout est léger et agréable à regarder en période de remaniement ministériel :


Dans la réalité qui est la notre, Roselyne Bachelot a été nommée ministre de la culture....vive le cinéma !

samedi 27 juin 2020

Emmanuelle à Cannes (1980)

Film catastrophe de Jean-Marie Pallardy avec à l'écran essentiellement Olinka...je ne peux même pas dire "post synchronisée" tant dès les premières minutes, on sent que l'on va souffrir :


Danseuse en Italie maquée à un Gabriel Pontello bien barbu, désabusée par son sort de femme exploitée :


Elle décide de se faire la malle et tenter sa chance au festival de Cannes.
Le reste du film alterne entre scènes de strip-tease improvisées sur la plage en public et fausses rencontres tournées au gré des déambulations dans les lieux de passage du festival avec force passants qui regardent directement l'objectif avec toujours l'horrible voix off.
Monté en dépit du bon sens et de la chronologie à court terme, les cadrage des scènes de sexe dénoncent un film film hardcore charcuté pour en faire un érotique.
Disons que si Emmanuelle à Cannes est un très mauvais film, il offre au moins l'occasion de faire une balade au festival à cette époque. C'était l'année de la sortie d'Apocalypse 2024, aussi appelé A Boy and his Dog, excellent film post-apocalyptique cynique avec Don Johnson (Miami Vice) où la morale était que pour survivre, mieux vaut manger une femme de passage que son chien :


Pallardy a évidemment tapé dans le stock de musique gratuite, parfois très consensuelle rapport à la plage et au soleil (samba, percussion diverses) mais parfois plus sympa ou étrange, comme par exemple celle comportant un ..."solo de règle sur la table" ?

Puis Emmanuelle s'ennuie, elle décide de retrouver son Frank et son statut de pute exploitée pendant que la doubleuse part en improvisation totale :


La morale est sauve, mais pas les neurones du spectateur.

samedi 6 juin 2020

L'Empire des Sens (1976)


 
Le temps a passé après le petit scandale qu'a fait l'Empire des Sens à sa sortie et sa présentation à Cannes. La littérature sur son sujet,les analyses et une magnifique ressortie récente ont permis de confirmer que le film de Nagisa Oshima est bien un chef d’œuvre et pas seulement une attraction pour encanailler les bourgeois de la croisette dans les années 70.
Il relate l'histoire (vraie mais librement adaptée) de Abe Sada, ancienne prostituée reconvertie en domestique qui s'éprend de son nouveau patron. Mais d'une part, il est difficile de faire table rase de son passé :

Et d'autre part, Abe est atteinte d'une affection qui la rend avide de sexe :


Eréthistique..voilà, on apprend de nouveaux mots dans Erotruculence
Et ce désir permanent va l'emmener au bout de son mal, à savoir étrangler Kichizo jusqu'à la mort avec son consentement pour le sentir raidir plus possible en elle et finir par lui trancher les organes génitaux afin de toujours les avoir avec elle.
La version Française, contrairement à celle de l'Empire de la Passion passe bien.
Même s'il est lent, le film est magnifique, passionnant dans sa description du glissement vers l'inconcevable.
Jamais Eros n'aura été aussi bien main dans la main avec Thanatos sur un écran :


mardi 2 juin 2020

L'Empire de la Passion (1978)


Réalisé 2 ans après l'Empire des Sens, Nagisa Oshima décide de lever le pied sur les scènes sexuelles explicites dans cette adaptation du récit Dossier sur le Meurtre de Gisaburo, Conducteur de Pousse-pousse. Ici la Femme du conducteur en question se fait draguer par Toyoji, soldat démobilisé et finit par craquer, son mari alcoolique passant son temps libre à boire :


Les deux adultères décident de se débarrasser du mari, mais une fois le forfait accompli et le corps balancé dans un puy, Seki ne tarde pas à voir apparaitre le fantôme de la victime de plus en plus régulièrement.
Pour les besoins de ce blog, j'ai dû regarder le film en version Française, et je dois avouer que certains points de doublages sont déconcertant lorsque l'on est habitué à voir les films asiatiques dans leur loangue d'origine, notamment quand Bugs Bunny vient d'inviter pour enquêter sur la disparition du conducteur de pousse-pousse :


Mais le film reste intéressant à suivre avec sa mise en scène parfaite et sa photo magnifique. Il permet de suivre les deux amants dans leur fièvre quasi suicidaire, qui les emmène au châtiment qu'ils ont tant redouté :


De la scène de retour au puits au final sanglant, l'Empire de la Passion se clôt magistralement.