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samedi 18 octobre 2025

Furies Sexuelles (1975)



Projeté à l'édition 2022 du festival lyonnais Hallucinations Collectives, Furies Sexuelles est un porno sombre et dépressif d'Alain Payet, qui n'a donc pas toujours fait dans la gaudriole ou le Porno Hard Crade pur. Le drame habituel d'une charmante citadine sous forme de flashback qui voit changer son orientation de carrière à force de refuser les avances de ses patrons et collègues pour finit par se faire mettre à la porte. Jusqu'à ce qu'elle couche avec un homme rencontré dans un bar, et qu'il y ait méprise :

Alors pourquoi ne pas accepter d'embrasser ce métier d'hôtesse, qui présente cependant des règles et bien des difficultés ?



Furies Sexuelles donne l'occasion de voir Pigalle de nuit, de face et de derrière, la musique lancinante et répétitive qui le parcourt est infernale, donc, nous nous l'épargnerons ici.
C'est aussi l'occasion de faire le bilan de la place de la prostituée au sein de la société cette époque, qui n'a finalement pas beaucoup changé :

 



Alain Payet oblige, nous avons tout de même droit à quelques scènes assez ardues, notamment lors de l'intervention du fidèle Carmelo Petix en grand ordonnateur de punition infligée à une authentique masochiste : 

 



Marie-Madeleine, l'héroïne pensant avoir rencontré son sauveur finit par être l'objet d'une crapuleuse manipulation qui l'amène à finir à l’hôpital, les veines tranchées.

Dans le genre dossiers de l'écran sordide, Furies Sexuelles ne déçoit pas.

vendredi 3 janvier 2025

La Fille de Hambourg (1958)



Petit drame d'après guerre, un ancien prisonnier au travaux forcés à Hambourg (Daniel Gélin) se souvient d'une femme dans ce morne quotidien :

Quelques années après la libération, il part une nuit en vadrouille dans la ville portuaire avec deux de ses amis dont Georges, Jean Lefevre en cocker qui a du mal à se maîtriser. Mais il a en tête de retrouver la jeune femme de ses souvenirs. Le hasard l'amène seul dans un bar à hôtesse où se déroule un match de combat féminin dans la boue. Il est choisi pour nettoyer la gagnante et sous la couche de glaise se révèle Maria, la femme perdue, qui a fait de la prostitution de luxe son métier. Sa vie n'est pas de tout repos dans une ville en reconstruction où pas mal de trafic illégal permet à chacun de survivre. Une nuit pour voir si c'était une bonne idée de la retrouver.

Rien de bien passionnant dans ce film, l'intrigue se suit d'un œil, les acteurs sont en pilote automatique.

On peut même se demander la raison de la présence de ce film dans le Bier tant les moments érotiques sont rares et bien timides. A la limite un passage dans les redlights : 




Mais tout tient dans les dialogues, partiellement écrits par Frédéric Dard et dans lesquels on peut parfois retrouver sa patte : 



Rares secondes dignes d'intérêt.

vendredi 28 juin 2024

Feu au Ventre (1975



Héléna devait retrouver Raoul chez un ami dans le Sud de la France pour passer quelques vacances avec cet amant d'un soir mais elle tombe sur le propriétaire des lieux, Franck, qui semble vouloir s'occuper d'elle pendant que le fameux Raoul est bien difficile à voir, occupé qu'il semble être sur une autre ligne :

Il apparait rapidement qu'il n'y a pas de Raoul au numéro de porte où elle a frappé, mais Héléna tombe irrésistiblement sous le charme de Franck, jouisseur à la situation confortable. De jeux érotiques en moments de tension, les choses se gâtent lorsque le nouveau couple se retrouve coincé dans une tombe par une bande de loubards : 


Le gang prends alors possession des lieux et impose sa loi, bien plus libertaire et anarchiste que celle du propriétaire : 


Au fil des sévices infligés à Héléna, il est de plus en plus clair que Franck est de mèche avec les tortionnaires. Il reprend la main pour quelques moments de soumission morale : 


Culminant dans le rasage intégral de la belle captive.

Feu au Ventre est un film assez fort dans son genre, instillant un climat de malaise et de plaisir, en tous cas suscitant l'intérêt suivant la sensibilité politique du spectateur. Par ailleurs sa nature de film érotique avec inserts hards habilement intégrés ne fait que renforcer la fascination malsaine pour ce qui se déroule à l'écran. Loin du porno bourgeois d'Alpha France et pas encore du niveau du Hard Crade d'Alain Payet cet essai d'Alain Nauroy me parait avoir une place à part dans son domaine.

jeudi 16 novembre 2023

Les Femmes (1969)


Jérôme Hervé, écrivain à succès a un problème avec son éditeur et avec la création :

Il est donc décidé qu'il fera un voyage en train jusqu'en Italie durant lequel il bénéficiera des services d'une secrétaire recrutée sur des critères contractuels plus que complets :



Et çà sera comme cela pour toute la durée du film combinant les mémoires de mauvais séducteurs de l'écrivain à sec et l'évolution de sa relation avec la secrétaire "Oui mais Non" incarnée par une Brigitte Bardot plus que crispante.

N'importe quelle réplique de Les Femmes aurait sa place dans le grand traité de la psychologie de boudoir, les scènes passent comme autant de pages fades d'un vieux magazine pour homme de l'époque incluant même un article sur ces putains de corrida.

Alors comment ce petit monde va-t-il finir, qui choisira Jérôme pour continuer sa vie et retrouver le goût de l'écriture ? A vrai dire on s'en fout, les belles leçons de misogynie n'en finissant plus de s’égrener dans le vide.




mercredi 1 novembre 2023

La Femme Publique (1983)



En fonction des sensibilités, le cinéma d'Andrzej Zuławski peut se révéler horripilant mais sa combinaison avec un Francis Huster peroxydé satellise La Femme Publique au firmament du pensum hysterico-melonnesque :  

Le fait d'avoir introduit une scène de danse à poil de Valérie Kaprisky est par contre bien vu de la part du réalisateur (ou du monteur, ou du studio ?) pour ne pas que le spectateur se barre tout de suite de son siège pour aller faire autre chose.

Et c'est dommage parce que de sacrées questions sont posées autour du cinéma, de la fonction d'un acteur, mais si les débuts de réflexions sont passionnantes, il sombre systématique dans le maniérisme ridicule et pénible : 

 

De même lorsque la raison d'être du cinéma est discutée, cela finit forcément par : 



Et oui, Ma Gueule

Il est aussi possible que ce soir La  Femme Publique qui lancera la mode dans le cinéma d'auteur français des scène où une jeune fille pique une crise de colère, casse des trucs dans une cuisine en hurlant "tu peux pas comprendre".


Du pain bénit pour les Inconnus qui reprendront la scène quasiment à l'identique dans leur sketch traitant du sujet.

vendredi 22 septembre 2023

La Femme et le Pantin (1958)



Bien moins vénéneux et prenant que la version de 1928 de Baroncelli, cette adaptation de la Femme et le Pantin de Duvivier ratisse large et aseptise largement le propos.
Brigitte Bardot joue plus Brigitte Bardot que la cruelle Conchita des origines et cela peut horripiler les spectateurs qui n'ont jamais apprécié son style. Heureusement, il y a les dialogues et un débit parfois réjouissant :

Pour le reste, la bande se suit comme un film du dimanche soir avec quelque passages un peu enlevés :


Mais au final toujours inoffensif.

Le personnage du père d'Eva Marchand (qui fait tourner en bourrique un amoureux masochiste donc), à priori ancien collaborateur planqué en Espagne est excellemment dessiné, on jurerait un Eric Zeimour croisé avec Ferdinand Céline.

Et à propos d'Espagne, folklore local oblige, on échappe pas à des scènes de corrida de merde, l'amoureux éconduit dirigeant une réserve de taureaux sauvages.

Par ailleurs, la conclusion avec sa montée des marches, loin de la version de 1928 qui allait au bout de sa torture est parfaitement lamentable.

vendredi 31 mars 2023

Les Fantasmes de Miss Jones (1986)



Une production érotique de Jacques Letienne qui semble avoir bénéficié d'un peu de moyens. Et dès l'introduction, nous savons qu'il sera question de confusion d'identité :

Lucy et Audrey sont 2 amies sosies parfaites. Audrey est une riche américaine qui doit se fiancer, Lucy est devenue call girl et a besoin que son amie la remplace à Monte-Carlo le temps d'un week-end.



Initiation à la sexualité tarifée et marivaudages occupent la majeure partie des Fantasmes de Miss Jones où Carole Levy assure sans peine les 2 rôles au tempéraments opposés qui se rejoignent progressivement, la conclusion pour l'un ou l'autre personnage étant fatalement la même :



Graphiquement sage, il réserve pourtant quelques beaux moments de tension érotique notamment lors de la scène de la soirée dans un bar où plusieurs hommes vont dans la pièce de derrière rejoindre Audrey livrée par son client principal.

L'humour est également léger mais parfois percutant, l'apothéose ayant lieu au moment des fiançailles alors qu'Audrey n'est toujours pas revenue de Monte-Carlo et que Lucy la remplace tant bien que mal, la bonne s'en mêle : 

 


Au final un bon petit film érotique qui a parfaitement sa place en fin de soirée à la télévisions.

jeudi 10 novembre 2022

Extrêmes Sévices (1984)



Extrême Sévice, c'est du porno qui débite. Sur fond de souvenirs évoqués par une princesse qui se livre à la prostitution depuis chez elle :

Les scènes s'enchainent entrecoupées de passages au théâtre érotique où se joue une chanson digne d'un dessin animé des années 80 : 


Les acteurs ne font preuve d'aucune sobriété dans le jeu, notamment celui de cette femme de général insatiable :

Les jeux de rôle ont la part belle :


Pas instant de répit pour le pornophile. Le montage est fait au couperet mais le jeu sur l'échelle de plan des scènes hard est efficace. Les acteurs ne sont pas les premiers couteaux du genre pour l'époque mais cette production de consommation courante remplit parfaitement son objectif. D'autant qu'au détour d'une mission de dépucelage d'une des travailleuse, on y fait quelques révisions de philosophie :


Alors de quoi se plaint-on ? Bon d'accord, je ne suis pas sûr qu'il ait dit çà Confucius.

vendredi 21 octobre 2022

Extases très particulières (1980)



Trouvable en VHS sous le titre La Vorace, Extases très Particulières n'y va pas avec le dos de la cuillère en ce qui concerne les dialogues cru et l'action pornographique.

La mère de Clochette (Marilyn Jess) travaille dans un club pour assouvir les phantasmes des hommes. Les clients et le personnel ne sont pas des plus délicats :

Et Clochette est bien sûr sur la liste des prochaines participantes aux orgies organisée par l'association Aide ton Prochain.

Le hard n'est pas solaire sans être désespérant, on est pas loin du Hard Crad d'Alain Payet mais ici, les actrices ont les physiques des professionnelles des plateaux de l'époque.
A vrai dire, on y retrouve la majorité des acteurs du film pour adultes français de la fin des années 70 pour le plus grand plaisir des pornocrates.

Au final Extases très Particulières reste un film valable, ne serait-ce que pour entre les horreurs sorties de la sublime bouche de Marilyn en post-synchro.
Et bon anniversaire Monique !


vendredi 8 avril 2022

Exhibition (1975)



J'étais loin d'être né à la sortie d'Exhibition et j'ai dû mal à me rendre compte de l'impact qu'il a eu sur le public français dans sa considération de la pornographie. Je ne saurai jamais mais je me doute tellement que tant de monde s'est pressé aux portes des cinémas pour s'informer et en aucun cas pour voir une actrice de films de cul raconter sa pauvre et dure vie entre deux scènes où on la voit, au choix, sucer des bites ou se branler.

Quoi qu'il en soit, Jean François Davy et Claudine Beccarie parlent souvent de cinéma dans ce semi-documentaire pornographique et c'est très intéressant  :



Et il y a évidemment la mise à nu d'un caractère fort mais plein de fêlures dans un agencement de séquences intelligent...roublard ?

A signaler que les éditions vidéos ajoutent 2 séquences où le réalisateur retrouve l'actrice 4 puis 8 ans après la sortie du film. Le temps passe, lors de sa première revoyure, pour joindre les 2 bouts, Claudine fait occasionnellement des strip-teases forains.



A voir de toute façon, ne serait-ce que pour la liberté de ton de l'entreprise, et de quelques scènes de sexe sur plateau très réalistes, montrant qu'on ne peut pas avoir bon à tout les coups dans quelque travail que ce soit.

mercredi 12 mai 2021

Et il voulut être une Femme…(1977)


"Venez voir Miss France se faire sodomiser!", "Regardez un travesti se faire lubrifier de derrière à l'huile de vidange!", au cours de sa carrière Michel Ricaud a beaucoup tablé sur la racole pas toujours de bon goût pour attirer le chaland avide de curiosité pornographique tel un forain du début du siècle dernier (ou la famille Lesoeur et leur firme Eurociné). Pourtant dans Et il voulu être une Femme...s'il fait à nouveau le bateleur nous invitant à payer le prix du ticket pour entrer voir le quotidien d'un transexuel et sa transformation:
 

son affaire est ambivalente. En tous cas il montre plus de sincérité et d'attention qu'à l'accoutumée.
Au-delà des moments choc comme l'opération et les témoignages roublards comme celle du collègue de la pompiste transsexuelle : 

ou le moment à la limite de la malhonnêteté qui recueille les impressions d'un acteur de film pornographique qui pensait avoir tourné sa scène avec une vraie femme (s'agit-il d'un montage ou bien a-t-il été abusé par le réalisateur ?) : 

Ricaud a pu capturer des instants de parole rares et sans fard, témoins de l'évidente confiance qu'il a su installer avec Elysa, la transsexuelle au centre du documentaire qui raconte son enfance au Brésil, son arrivée et France et sa démarche qui mène à l'opération. Il y a également cette rencontre avec une coiffeuse qui rapporte ses difficultés quand à sa condition et son rapport au marché du travail dans une interview puissante dans un Français qui fait du bien à entendre : 

vendredi 22 janvier 2021

Entremetteuses acculées Q K C (1987)



Peut-être pas un chef d’œuvre du genre mais une aubaine pour Erotruculence tant il a été dur de se restreindre sur la sélection des extraits audio pour illustrer ce film.

Un cabinet de medium particulier cache les activités péripatéticiennes de 2 copines, l'une d'elle se présente comme une voyante lisant dans les traces de sperme, l'attribution du menu des plaisir aux clients ressemble plus à une partie de jeu de rôle ou à un épisode de Fort Boyard qu'à une virée au bordel :

Oui, vous aurez remarqué que l'actrice principale zozote et ce sera l'occasion d'un passage dialogué périlleux lorsqu'il s'agira d'aborder le sexe oral dont son amoureuse est friande : 

Dans la petite entreprise de ces dames, la sodomie est une pratique fort demandée et, par conséquent âprement négociée : 

Parmi les clients, nous retrouvons Rocco Siffredi encore bien jeune qui explose les canons physiques masculins des film pornographiques d'alors :

Côté technique, l'image est parfois brulée, surexposée, et l'on voit que certaines scènes sont des chutes d'autres films de Pierre Unia, mais tout cela n’entache pas le plaisir du bon moment passé devant ce qui se termine en drame, les 2 clients les plus assidus décidant d'abuser de l'amie de la voyante sous ses yeux : 

samedi 5 décembre 2020

Enquêtes (1979)


Pour les besoins de son boulot de journaliste, Richard est bien embêté parce qu'il est chargé d'enquêter sur l'univers des call-girls. Heureusement, il peut compter sur sa copine Brigitte :
 

Les doublages d'Enquêtes sont hideux, vous l'aurez entendu, en revanche la photo est magnifique. La suite du film n'est qu'une succession de tentatives toutes plus foireuses les unes que les autres d'enregistrement de témoignages sur le vif.

Si Enquête n'est pas d'une grande originalité et malgré le doublage discutable, la réalisation est soignée, les lents zooms et travellings sont privilégiés aux habituels gros plans statiques et les acteurs y mettent du leur que ce soit dans les scènes de sexe ou de comédie.

J'ai cru reconnaitre un des chiens de Brigitte Lahaie lors de la scène de la première tentative d'enquête dans la grande maison de compagne bourgeoise, si quelqu'un peut confirmer...

On appréciera aussi la présence de l'actrice d'outre-Atlantique Desiree Cousteau  qui n'échappe pas au massacre de la post-synchro :


Et dans le délire général, on a l'occasion d'être témoin d'un robot-mime qui jouit :

Oui, c'est cocasse.

samedi 27 juin 2020

Emmanuelle à Cannes (1980)

Film catastrophe de Jean-Marie Pallardy avec à l'écran essentiellement Olinka...je ne peux même pas dire "post synchronisée" tant dès les premières minutes, on sent que l'on va souffrir :


Danseuse en Italie maquée à un Gabriel Pontello bien barbu, désabusée par son sort de femme exploitée :


Elle décide de se faire la malle et tenter sa chance au festival de Cannes.
Le reste du film alterne entre scènes de strip-tease improvisées sur la plage en public et fausses rencontres tournées au gré des déambulations dans les lieux de passage du festival avec force passants qui regardent directement l'objectif avec toujours l'horrible voix off.
Monté en dépit du bon sens et de la chronologie à court terme, les cadrage des scènes de sexe dénoncent un film film hardcore charcuté pour en faire un érotique.
Disons que si Emmanuelle à Cannes est un très mauvais film, il offre au moins l'occasion de faire une balade au festival à cette époque. C'était l'année de la sortie d'Apocalypse 2024, aussi appelé A Boy and his Dog, excellent film post-apocalyptique cynique avec Don Johnson (Miami Vice) où la morale était que pour survivre, mieux vaut manger une femme de passage que son chien :


Pallardy a évidemment tapé dans le stock de musique gratuite, parfois très consensuelle rapport à la plage et au soleil (samba, percussion diverses) mais parfois plus sympa ou étrange, comme par exemple celle comportant un ..."solo de règle sur la table" ?

Puis Emmanuelle s'ennuie, elle décide de retrouver son Frank et son statut de pute exploitée pendant que la doubleuse part en improvisation totale :


La morale est sauve, mais pas les neurones du spectateur.

samedi 6 juin 2020

L'Empire des Sens (1976)


 
Le temps a passé après le petit scandale qu'a fait l'Empire des Sens à sa sortie et sa présentation à Cannes. La littérature sur son sujet,les analyses et une magnifique ressortie récente ont permis de confirmer que le film de Nagisa Oshima est bien un chef d’œuvre et pas seulement une attraction pour encanailler les bourgeois de la croisette dans les années 70.
Il relate l'histoire (vraie mais librement adaptée) de Abe Sada, ancienne prostituée reconvertie en domestique qui s'éprend de son nouveau patron. Mais d'une part, il est difficile de faire table rase de son passé :

Et d'autre part, Abe est atteinte d'une affection qui la rend avide de sexe :


Eréthistique..voilà, on apprend de nouveaux mots dans Erotruculence
Et ce désir permanent va l'emmener au bout de son mal, à savoir étrangler Kichizo jusqu'à la mort avec son consentement pour le sentir raidir plus possible en elle et finir par lui trancher les organes génitaux afin de toujours les avoir avec elle.
La version Française, contrairement à celle de l'Empire de la Passion passe bien.
Même s'il est lent, le film est magnifique, passionnant dans sa description du glissement vers l'inconcevable.
Jamais Eros n'aura été aussi bien main dans la main avec Thanatos sur un écran :


jeudi 7 mai 2020

Emmanuelle II (1975)

Silvia Kristel nous revient avec des cheveux plus longs et pour commencer son départ vers Bangkok, troque le cheval contre le bateau. Elle y apprend d'ailleurs les rudiments du code maritime : 


La mise en scène est déplorable par certains moments, erreurs de raccords, les acteurs ont l'air de ne pas trop savoir quoi faire ni où se placer lors des séquences dialoguées. Il faut dire que c'est à nouveau un photographe aux commandes, Francis Giacobetti remplaçant Just Jaeckin et côté musique, ce n'est pas la joie non plus puisque Francis Lai remplace Pierre Bachelet. Nous y perdons tant en puissance mélodique qu'en finesse de choix dans les sons lorsque l'électronique se manifeste :

Ha oui c'est gras, hein ?
Pour le reste, c'est rebelote pour le couplet sur la liberté dans le couple typique de l'époque :

Mais il y a quand même des choses à sauver.
La photo, moins maniérée qu'en 1974, est splendide. C'est l'occasion d'apercevoir la fantastique Laura Gemser pour la première fois. Et la scène dans le Jardin de Jade, bordel local pour les militaires, sort du lot. Elle est composée de splendides tableaux, et c'est ici que l'on pourrait trouver le féminisme invoqué en vain dans le premier film :

Emmanuelle 2 reste tout de même un épisode de Découverte du Monde avec un peu d'érotisme, il voyage beaucoup, comme lors de cette incursion à Bali :


mais finit par n'aller nulle-part.

Et pour vous achever :
Et oui, çà fait mal, hein ?

vendredi 17 avril 2020

Elsa Fraulein SS (1976)

Eurociné a trempé dans le porno nazi alors à la mode en Italie le temps de 2 ou trois films dont ce Elsa Fraulein SS se situant à une époque où l'armée allemande commence à prendre sa dérouillée sur le front de l'Est et où l'attrition se fait sentir dans les rangs :

En fait de plan diabolique, il s'agit de faire circuler un train de luxe transformé en bordel itinérant pour les troufions mais dont les compartiments sont bardés de micros permettant de  détecter les potentiels déserteurs ou ramollis du fusil au détour de confession sur l'oreiller.
Le train est géré de main de maîtresse par Elsa, ancienne prostituée nouvellement dévouée au IIIème Reich alors que son ancien amant, un major SS commence à l'avoir de travers :

Elsa Fraülein SS, comme tous les film Eurociné manque de moyens, mais il manque surtout de patate, de dynamisme, tant dans les scènes érotiques que dans les tentatives de scènes d'action.
La partie espionnage se déroule en pilote automatique, l'intrigue sentimentale à l'eau de rose entre le major et une jeune prostituée rallonge artificiellement la sauce et même Claudine Beccarie, qui vient cachetonner, peine à y mettre du sien.
Il reste Olivier Mathot, qui arrive encore à jouer correctement son rôle d'officier masochiste s'éprennant d'une jeune résistante. Une scène de flashback du front de l'Est improbable, mélange de stock shots et de plans sur le sus-cité Mathot caché derrière une arbre et une chanson parce qu'il faut bien se distraire un peu dans ce train :

Ad Lib

lundi 15 avril 2019

Dossier Prostitution (1969)

Document fiction adaptant le livre éponyme, Dossier Prostitution est traversé d'un commentaire dont la voix et le ton m'ont immédiatement rappelé la fin de la version française des Seigneurs de la Route (aussi connu sous le titre de La Course à la Mort de l'An 2000):

Marthe Richard, la vraie, instigatrice de la fermeture des maisons closes vient même témoigner de ce qu'elle a pu constater lors de la mise en place de sa loi :

Puis s'ensuivent nombre de témoignages rejoués le temps de saynètes plutôt bien faites, des années avant Bernard de la Villardière qui n'a rien inventée:

Une des prostituées s'est même déclarée macroniste avant l'heure :

Cependant, l'ensemble tient la route, suit à peu près la structure d'enquête de la source papier, quoique l'impasse soit faite sur les détails sordides de certaines punitions faites par les souteneurs (blessure au couteau à sucre pour laisser d'irrémédiable marques sur les visages, passage à l'oral à la chaîne pour convaincre les plus récalcitrantes), le pic du sordide dans le cas du film s'arrêtant là :

Enfin, les dernières séquences de recrutement n'ont évidemment pas une once d'authenticité bien que le naturel avec lequel les filles jouent soit bluffant, elles préfigurent cependant le style casting couch et les méthodes chères à Pierre Woodman qui exploseront sur le Net 40 ans plus tard.

mardi 15 janvier 2019

Don Juan 73 (1972)


Si Don Juan était une femme, Roger Vadim nous refait le classique presque à l'envers dans des décors d'époques 70s au milieu d'accessoires et d'ambiances kitchissimes. Il n'a pas fait Barbarella pour rien.
Et tout le long du film, Jeanne (Brigitte Bardot) s'attache à conquérir des hommes, chaque victime étant un défi pour satisfaire son égo :

Et bon sang comme il me semble qu'elle joue mal, jusqu'au moment où elle se prend des claques par un mâle un peu plus dur que les autres (Robert Hossein) où d'un coup, elle est convaincante :

Le film est en flash back sous forme de confession auprès de son cousin de prêtre (sur lequel elle a déjà mis la main, un peu d’amoralité supplémentaire ne fait jamais de mal) car à ce petit jeu, une des victime de Jeanne y laissera la peau :

Il est d'ailleurs intéressant de noter que c'est un saltimbanque qui meurt pour elle, et pas un des hommes d'affaires ou un notable qu'elle a l'habitude de fréquenter. Ceci dit, la scène de suicide est très belle.

samedi 8 septembre 2018

Le Diable rose (1988)

Une comédie polissonne de Pierre B. Reinhard pas si navrante que çà tant le niveau a pu être bas dans le genre avec Brigitte Lahaie, Roger Carel et et Pierre Doris.
Elle prend place pendant la seconde guerre mondiale, à quelques heures du débarquement de Normandie et l'action se déroule dans le bordel/cabaret d'un petit village en bord de Manche.

Le Diable Rose tient surtout la route pas ses acteurs de haute volée (oui oui) Brigitte Lahaie assure son rôle d'espionne de la résistance/strip-teaseuse avec un naturel qui laisse pantois, et si Roger Carel cabotine trop en général allemand, difficile quand même de ne pas esquisser quelques sourires lorsqu'il interagit avec ces dames.
On note également 2 personnages parfaitement écrits et interprété pour ce type de comédie franchouillarde : Clémentine la vieille bonne de la maison (jouée par Jeanne Herviale qu'on échangera jamais contre une Marthe Villalonga) et Niniche (caompée par une Marina Borringer magnétique).
Est-ce que Brigitte Lahaie a vraiment donné de la voix lors de l'interprétation des chansons paillardes ?