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samedi 1 août 2026

Les Gauloises Blondes (1988)



Commençons tout d'abord par la réjouissante chanson de générique :

Les Gauloises Blondes représente en quelque sorte la fin de l'époque de la comédie navrante, quelques années avant l'arrivée de l'humour à "l'esprit Canal" au cinéma d'un côté et des films à - trop - gros budget axé autour de comédiens star comme l'irritant Christian Clavier de l'autre.
On retrouve donc dans ce film thématique une suite de scènes suivant le fil rouge de la percée d'une garnison romaine venant annexer un Lutèce de poche, ambiance Astérix légèrement paillard.

Une poignée de figures habituelles du genre en déclin fait l'affiche : Pierre Tornade, Roger Carel, Jackie Sardou, Gérard Hernandez qui nous gratifie d'ailleurs d'un bel accent de merde : 



L'érotomane n'aura pas grand chose à se mettre sous les yeux si ce n'est un magnifique moment de course de nos gauloises complètement nues à l'assaut des légionnaires romains que n'aurait pas renié Erwin C. Dietrich.
Le film se permet quelques mouvements de grue et un peu de décors qui laissent à penser qu'il y avait quand même un peu d'argent à la production et, sous ses airs de pochade un peu idiote, délivre ses moments de critique sociale avec l’émergence du Mouvement de Libération des Gauloises en devenir : 



et un message anti-religieux de bon aloi :

samedi 18 octobre 2025

Furies Sexuelles (1975)



Projeté à l'édition 2022 du festival lyonnais Hallucinations Collectives, Furies Sexuelles est un porno sombre et dépressif d'Alain Payet, qui n'a donc pas toujours fait dans la gaudriole ou le Porno Hard Crade pur. Le drame habituel d'une charmante citadine sous forme de flashback qui voit changer son orientation de carrière à force de refuser les avances de ses patrons et collègues pour finit par se faire mettre à la porte. Jusqu'à ce qu'elle couche avec un homme rencontré dans un bar, et qu'il y ait méprise :

Alors pourquoi ne pas accepter d'embrasser ce métier d'hôtesse, qui présente cependant des règles et bien des difficultés ?



Furies Sexuelles donne l'occasion de voir Pigalle de nuit, de face et de derrière, la musique lancinante et répétitive qui le parcourt est infernale, donc, nous nous l'épargnerons ici.
C'est aussi l'occasion de faire le bilan de la place de la prostituée au sein de la société cette époque, qui n'a finalement pas beaucoup changé :

 



Alain Payet oblige, nous avons tout de même droit à quelques scènes assez ardues, notamment lors de l'intervention du fidèle Carmelo Petix en grand ordonnateur de punition infligée à une authentique masochiste : 

 



Marie-Madeleine, l'héroïne pensant avoir rencontré son sauveur finit par être l'objet d'une crapuleuse manipulation qui l'amène à finir à l’hôpital, les veines tranchées.

Dans le genre dossiers de l'écran sordide, Furies Sexuelles ne déçoit pas.

jeudi 18 septembre 2025

Fureur Sexuelle (1975)



Un groom et une femme de chambre font office de pivot au sein d'une succession de chastes scènes de coucheries se déroulant dans un hôtel qui se voudrait fastueux mais manifestement exigu pendant qu'une voleuse féline séduit les hommes occupant les chambres avant de les détrousser.: 


L'établissement est occupé par des stéréotypes bien lourds, notamment un vieux couple que n'aurait pas renié le dessinateur de BD Binet :  




Les scènes à la lisière de la pornographie se succèdent dans un ennui profond. Celle de lesbianisme sur fond de ronflement reflète parfaitement l'ambiance de chaque côté de l'écran. C'est dommage car il y avait quand même un ton.



vendredi 25 juillet 2025

The French Love (1972)



Un journaliste américain débarque en France pour couvrir un forum, et se retrouve aux mains de deux hôtesses de l'air frivoles. Il cède avec plaisir mais le mode de pensée et les pratiques libertaire des donzelles (on parle du libertarisme de 1972) le perturbent, le rendre aigri, le perdent. La dépression guette d'ailleurs.
Bénazéraf a encore la main lourde sur la parabole et balance rapidement, maladroitement le gros de ses obsessions politiques :
La dénonciations des valeurs bourgeoises, des principes :  



Rien de bien nouveau de sa part. Alors il y a quelques scènes érotiques assez belles, gâchées par le jeu poussif des acteurs et un mélange Français/Anglais n'ayant aucun sens et bien crispant, façon Nouvelle Vague mal digérée : 

vendredi 26 juillet 2024

Le Feu dans la Peau (1953)



Drame familial rural comme il devait probablement s'en produire par dizaines à cette époque.

Louis a rencontré Thérèse "à la ville" pendant son service militaire et se marie avec elle pour finir à la ferme provençale partagée avec Célestin, son frère bien plus timide et Julia, fille de ferme à fort caractère.
Louis est du genre buveur, dragueur et grande gueule, mais un jour, son corps est retrouvé au fond d'un ravin. Forcément, çà jase au village :
 

Célestin qui a toujours eu le béguin pour sa belle-sœur essaye de se rapprocher de bien maladroite manière, sa timidité maladive ne l'aidant pas. Mais la fille de ferme semble commencer à l'ouvrir pour le mettre en garde contre lui même, et peut-être prendre un peu en main les affaires de la propriété.

Mais débarque Pierre, ancien camarade de régiment du mort, poursuivi par des gens qui veulent lui régler son compte. Thérèse décide de le cacher et finit par s'enticher du gars. Ils quittent tous les deux la ferme. Julia pense avoir les coudées franches avec Célestin, mais quelques mois (années) plus tard, Pierre est rattrapé par ses affaires et Thérèse n'a d'autre choix que de revenir à la ferme.

Célestin a de nouveau le béguin.

Le Feu dans la Peau n'est pas désagréable à regarder, même si les acteurs y vont un peu fort sur la caractérisation de leur personnage, il y a toujours ce débit et cette langue si agréable à voir déclamée.

Et puis quelques réflexions propres à cette période où l'exode rurale connaissait sa dernière vague : 


vendredi 28 juin 2024

Feu au Ventre (1975



Héléna devait retrouver Raoul chez un ami dans le Sud de la France pour passer quelques vacances avec cet amant d'un soir mais elle tombe sur le propriétaire des lieux, Franck, qui semble vouloir s'occuper d'elle pendant que le fameux Raoul est bien difficile à voir, occupé qu'il semble être sur une autre ligne :

Il apparait rapidement qu'il n'y a pas de Raoul au numéro de porte où elle a frappé, mais Héléna tombe irrésistiblement sous le charme de Franck, jouisseur à la situation confortable. De jeux érotiques en moments de tension, les choses se gâtent lorsque le nouveau couple se retrouve coincé dans une tombe par une bande de loubards : 


Le gang prends alors possession des lieux et impose sa loi, bien plus libertaire et anarchiste que celle du propriétaire : 


Au fil des sévices infligés à Héléna, il est de plus en plus clair que Franck est de mèche avec les tortionnaires. Il reprend la main pour quelques moments de soumission morale : 


Culminant dans le rasage intégral de la belle captive.

Feu au Ventre est un film assez fort dans son genre, instillant un climat de malaise et de plaisir, en tous cas suscitant l'intérêt suivant la sensibilité politique du spectateur. Par ailleurs sa nature de film érotique avec inserts hards habilement intégrés ne fait que renforcer la fascination malsaine pour ce qui se déroule à l'écran. Loin du porno bourgeois d'Alpha France et pas encore du niveau du Hard Crade d'Alain Payet cet essai d'Alain Nauroy me parait avoir une place à part dans son domaine.

vendredi 3 novembre 2023

La Femme-Spectacle (1964)



S'il on doutait que Claude Lelouch fut un imbécile réactionnaire, La Femme-Spectacle en apporte la preuve flagrante. A côté de çà, un tel film ferait passer Michel Sardou pour un baba-cool hétéro-flexible.

Deux ans après Mondo Cane, Lelouch s'empare de la formule Mondo et la lie à sa sauce cinéma vérité pour écorner les femmes qui ont choisi de vivre autrement. on se demande dès le départ ce que Jean Yann vient foutre dans cette galère :

Il me suffirait ensuite de prendre n'importe minute de commentaire en voix off pour illustrer cet article tellement chaque réflexion tient de la plus triste connerie et du jugement à brûle-pourpoint, le plus ébahissant étant sans doute celui qui introduit les travestis :


Entre 2 séquences parfois jouée, les intervenants sont interviewés par le caméraman, ou le réalisateur, instillant un savoureux malaise. Lors de la rencontre avec la jeune strip-teaseuse par exemple, Lelouch par ses questions semble presque regretter que la fille ne soit pas une petite salope vu son activité. Pas de bol, mon gars, elle est communiste, retourne dans les jupons de De Gaulle, tu n'es pas prêt pour Mai 68 :


Pour une rare fois, Christophe Bier dans son dictionnaire loue presque la censure d'avoir fait interdire le film. Je pense que c'est une erreur car cela l'a rendu dur à voir par le passé et il est important de connaître son existence, son contenu pour de savoir de quoi il retourne lorsque l'on considère son réalisateur.

vendredi 25 août 2023

La Femme en Spirale (1984)



Quasiment le dernier film réalisé par Jean-François Davy. Pas un porno mais quelque-chose à mi-chemin entre la comédie sociale et le reportage...dans le milieu du porno, et oui, on ne se refait pas. Et çà marche bien, la Femme en Spirale est très intéressant, sous prétexte du refus d'une actrice de jouer dans un porno, elle accepte en revanche de prendre le stylo puis la caméra pour faire un film sur le sujet, après avoir parlé business avec le producteur :

L'une des grosses surprises du film vient de Nicole Segaud. Autant nous savions qu'Alban Ceray pouvait être très à l'aise dans les scènes de comédies, autant l'actrice, lorsqu'elle n'a pas à affronter de longues tirades trop écrites comme entendu précédemment s'en sort avec un étonnant naturel, quand on sait que dans le privé elle pouvait avoir des attitudes inquiétantes si l'on en croit la biographie de Richard Allan.

Et sa partition avec Piotr Stanislas en artiste rebelle vivant à ses crochets ajoute à la qualité du film.

Nous sommes au milieu des années 80, le DX7 est sorti et la musique nous le fait savoir, Jean-François Davy reprend sa formule d'interviews (jouées cette fois-ci) d'actrices de film pornographiques désabusées mais philosophes : 


La Femme en Spirale donne aussi le plaisir de voir le travail se faire sur un banc de montage pellicule, de se balader un peu dans Paris à cette époque et d'y croiser un Michel Caputo, poète du temps perdu : 


vendredi 28 juillet 2023

Féminin - Féminin (1971)



Film d'auteur érotique du début des années 70 qui traite de la vie la mort, le rapport à l'argent, l'art bourgeois, les belle-mères possessives et les relations saphiques. Dès les 10 premières minutes, on sent qu'on va se faire chier. Cà philosophe :

Cà se regarde en chien de faillance

Puis Féminin-Féminin nous fait passer de la grande propriété provinciale à l'agitation mondaine de la ville lorsque Françoise, la copine du petit gars couvé par sa moman décide de suivre Marie-Hélène, décomplexée et ouverte.

C'est alors l'occasion au gré des soirées et des rencontre que  vient jouer un Carlos artiste anti-bourgeois et libertaire qui met un peu de piment dans cette peinture de l'amour pas simple mollassonne et frileuse.




En plus de la composition du barbu, il y a aussi la satisfaction d'entendre une langue française correcte et un peu soutenue, c'est maigre, mais c'est déjà cela.

jeudi 27 avril 2023

Fantasmes très Spéciaux (1982)



Un film de Gérard Kikoïne où un journaliste économique se voit reconverti par la force des choses par son patron :
 

Il est donc chargé d'aller interviewer des romancières concourant à un prix littéraire érotique pour informer les lecteurs sur les diverses sources d'inspiration et expériences de ces dernières. De la prostituée à bourgeoise qui s'ennuie en passant par la fille coincée par l'éducation rigoriste de ses parents, les situations sont variées, et notre gars doit parfois mettre la main, et le reste, à la pâte : 




Les situations s'enchaînent sans temps mort, comme autant de décors, de configuration, chacune ayant son traitement de mise en scène et de cadrage particulier qui font de Fantasme très Spéciaux un film réussi dans le genre, loin d'un film à sketches roboratif.

Il y a même une graine d'insouciance résiduelle des années 70 qui plane : 



Au delà du fantasme,laisser publiquement ses coordonnées et sa porte ouverte, pas sûr que ce soit une bonne idée en 2023 (sûrement pas à l'époque non plus d'ailleurs).

Quelques scènes marquantes comme celle de la casse ou la dernière, figurant comme un bonus émoustillant. On regrettera juste l'utilisation malvenue d’accélérés. Il n’empêche que  l'on tient là un bon porno.


vendredi 10 février 2023

Fantaisies pour Couples (1976)



Chassé-croisé entre deux couples adultères mais mollement libres, entre appartements parisiens et maisons de proche campagne, l'introduction du film donne d'ailleurs le ton :

Fantaisies pour Couples déroule tristement un quotidien morne de nouveaux esclaves urbains du tertiaire qui essayent de se divertir un peu avec des parties de jambes en l'air hors du foyer. Monsieur (Guy Royer) est un baiseur à priori insatiable mais donc la sociabilité envers les femmes est limitée. Madame est bonne poire mais quand même un peu salope. Du Maguy avec du cul.

Le hard est conventionnel, sans grande ambition dans sa mise en scène et la malédiction des remontages Alpha contemporains (la version des 63 minutes au lieu des 74 du montage original) n'aide en rien.

Curiosité technique qui prouve que le film a été fait par-dessus la jambe, le hachache sur une scène de sexe consiste en une pauvre boucle répétée 4 fois. L'art du copier/coller n'a pas attendu le numérique :


vendredi 30 septembre 2022

Extases Impudiques (1977)



Sorte de thriller de mœurs assez sombre et cynique parfaitement réussit. On a jamais vu Alban Ceray aussi inquiétant. Son personnage s'incruste chez une femme, la tension et la peur montent, les vêtements mettent du temps à tomber puis nous découvrons qu'il s'agit de son ancienne compagne.

S'ensuivent quelques flash-back qui rappellent l'emprise qu'il a pu avoir sur elle et qui lui a fait vivre quelques années de luxure avant qu'elle ne s'en aille pour vivre une vie plus...rangée. C'est l'heure de la leçon :

Arrive alors un troisième personnage avec la jeune sœur de Sandra qui tombe immédiatement amoureuse de l'homme dans la pièce. Une nouvelle proie ?
Quelques passages sont un peu théâtraux dans leur interprétation : 

Mais l'effort est là et souvent convaincant. Les scènes de sexes sont poussées et efficaces, et oui, ce n'est pas parce qu'Extases Impudiques est un peu austère que le hard n'est pas stimulant, surtout avec d'aussi belles actrices et des acteurs en forme.


vendredi 8 avril 2022

Exhibition (1975)



J'étais loin d'être né à la sortie d'Exhibition et j'ai dû mal à me rendre compte de l'impact qu'il a eu sur le public français dans sa considération de la pornographie. Je ne saurai jamais mais je me doute tellement que tant de monde s'est pressé aux portes des cinémas pour s'informer et en aucun cas pour voir une actrice de films de cul raconter sa pauvre et dure vie entre deux scènes où on la voit, au choix, sucer des bites ou se branler.

Quoi qu'il en soit, Jean François Davy et Claudine Beccarie parlent souvent de cinéma dans ce semi-documentaire pornographique et c'est très intéressant  :



Et il y a évidemment la mise à nu d'un caractère fort mais plein de fêlures dans un agencement de séquences intelligent...roublard ?

A signaler que les éditions vidéos ajoutent 2 séquences où le réalisateur retrouve l'actrice 4 puis 8 ans après la sortie du film. Le temps passe, lors de sa première revoyure, pour joindre les 2 bouts, Claudine fait occasionnellement des strip-teases forains.



A voir de toute façon, ne serait-ce que pour la liberté de ton de l'entreprise, et de quelques scènes de sexe sur plateau très réalistes, montrant qu'on ne peut pas avoir bon à tout les coups dans quelque travail que ce soit.

samedi 5 mars 2022

L'Executrice (1986)


Avec Brigitte Lahaie en vedette, Michel Caputo tente la veine policière légèrement érotique mais n'arrive pas à se départir de ses tics habituels. Les dialogues sont trop écrits, toujours trop littéraires et cette fois-ci à la recherche de la réplique qui fait mouche, qui percute mais tombe toujours à plat à force de trop en faire.

Pour la trame, l'affaire est cousue de fil blancs sur la première partie. La flic un peu rebelle enquête sur un trafic de VHS porno mais finit par être embringuée dans une affaire qui la dépasse. Incorruptible, elle veut faire tomber le réseau de traite des blanches dans lequel sa hiérarchie est évidemment impliquée.

Et dès l'entrée en scène du personnage de la sœur, on sait qu'elle sera l'un des gros enjeux de l'intrigue, qu'elle sera kidnappée, ce qui mettra en rogne la vengeresse aux méthodes à priori non violentes :

L'ensemble est bien maladroit. Par exemple, l'enquêtrice s'appuie sur une indic toxicomane mais impossible de croire au personnage tellement l'actrice en fait des caisses :

D'ailleurs, bizarrement, Richard Allan joue un sbire de la grande mère maquerelle avec un naturel confondant, lui s'en tire vraiment bien.

Au cours du film on a droit à quelques scènes d'action un peu molle, dont une baston dans le quartier chinois digne d'un sentai ainsi que quelques scènes dénudées tenant plus de la philosophie de boudoir que de vraie partie de jambe en l'air :


L'entreprise semble largement sponsorisée par la Seita :


 

Bref, tout cela est un peu morne, un peu mou.
A noter sans doute la première apparition à l'écran de Pierre Woodman dans le rôle d'un garde du corps qui se fait dérouiller.



mercredi 12 mai 2021

Et il voulut être une Femme…(1977)


"Venez voir Miss France se faire sodomiser!", "Regardez un travesti se faire lubrifier de derrière à l'huile de vidange!", au cours de sa carrière Michel Ricaud a beaucoup tablé sur la racole pas toujours de bon goût pour attirer le chaland avide de curiosité pornographique tel un forain du début du siècle dernier (ou la famille Lesoeur et leur firme Eurociné). Pourtant dans Et il voulu être une Femme...s'il fait à nouveau le bateleur nous invitant à payer le prix du ticket pour entrer voir le quotidien d'un transexuel et sa transformation:
 

son affaire est ambivalente. En tous cas il montre plus de sincérité et d'attention qu'à l'accoutumée.
Au-delà des moments choc comme l'opération et les témoignages roublards comme celle du collègue de la pompiste transsexuelle : 

ou le moment à la limite de la malhonnêteté qui recueille les impressions d'un acteur de film pornographique qui pensait avoir tourné sa scène avec une vraie femme (s'agit-il d'un montage ou bien a-t-il été abusé par le réalisateur ?) : 

Ricaud a pu capturer des instants de parole rares et sans fard, témoins de l'évidente confiance qu'il a su installer avec Elysa, la transsexuelle au centre du documentaire qui raconte son enfance au Brésil, son arrivée et France et sa démarche qui mène à l'opération. Il y a également cette rencontre avec une coiffeuse qui rapporte ses difficultés quand à sa condition et son rapport au marché du travail dans une interview puissante dans un Français qui fait du bien à entendre : 

mardi 9 février 2021

Equation à un Inconnu (1978)


Conte de fée austère gay, Equation à un Inconnu évolue dans le cauchemar urbain et gris de la vie banlieusarde et parisienne de la fin des années 70. Les personnages trouvent toujours à sucer au milieu bruits de bébés qui chialent, des télés à fond et d'une humanité perdue dans la solitude :



Les lignes de dialogue sont rares, les pénétrations aussi, lorsqu'un des acteurs ouvre la bouche, c'est toujours pour aller à l'essentiel :


Pour le reste, on est trimballé dans des ambiances moroses ou déconcertantes comme les bruits de clapotis sur fond de rire. Tout cela est gentiment brisé à la fin avec un peu de lumière, une scène sur un vélo et l'énoncé de la distribution :

Une curiosité historique qui demande un peu de patience.

lundi 14 septembre 2020

Les Enfants de l'Amour (1953)


Mélodrame des années 50 sur les filles mères, Les Enfants de l'Amour suit la vie dans un institut recueillant les donzelles dans cette situation et donne un éventails des caractères qui le peuplent, le l'inévitable gouailleuse :
 

à la paysanne rigolote au fort accent (ici, une morvandiaude) : 


On échappe pas non plus à un peu de moraline enrobée de violons, évidemment : 



L'intrigue est surtout axée autour de l'arrivée d'une nouvelle jeune fille enceinte qui semble cacher quelque-chose. En effet, elle a été contactée par une sage femme qui lui propose, une fois qu'elle l'aura accouchée, de laisser son bambin à un couple de bourgeois ne pouvant pas procréer. Mais l'affaire ne l’intéresse pas et elle propose le plan à sa camarade :
 

La situation fait polémique dans l'institut qui cherche avant tout la discrétion et à éviter les ennuis et met tout le monde dans l'embarras lorsque la police débarque.
On est en 1953, je le rappelle, et Les Enfants de l'Amour commence à se faire confronter l'idée d'un planning familial (représenté par le docteur)...ou une politique malthusienne ? et la religion qui veut vaille que vaille voir ses fidèles se reproduire au point d'y aller à la cool dans ses sermons :

  

On notera enfin un moment de cinéma assez soigné dans cette œuvre plan plan, lors du flashback de la perte d'un enfant, de nuit dans une grange où est garée une charrette gigantesque, offrant un jeu d'ombre quasi expressionniste.

mercredi 8 juillet 2020

L'Emprise des Caresse (1976)


Coproduction franco-suédoise bien troussée qui évoque vaguement Bel-Ami de Maupassant.
Ici, le rédacteur poète un peu strict :

se retrouve embauché par un magazine moderne pour livrer quelques-un de ces écrits dans un premiers temps. Et à cette occasion, il découvre le monde de l'édition mondaine de charme en même temps qu'un certain talent pour emballer ces dames. Puis de fil en aiguille prends de plus en plus de sujets à son compte allant même jusqu'à fricoter avec le gratin de la jet-set internationale :


Les situations s'enchaînent sans baisse de rythme, Harry Reems assurant toutes les scènes érotiques (ou pornographiques suivant le montage) dans les bras d'un casting féminin plaisant.
Le tout est léger et agréable à regarder en période de remaniement ministériel :


Dans la réalité qui est la notre, Roselyne Bachelot a été nommée ministre de la culture....vive le cinéma !

samedi 28 mars 2020

l'Éden et après (1969)


Film d'Alain Robbe-Grillet, scénariste de l'Année dernière à Marienbad, et donc comme de coutume quand il prend la caméra, on sait qu'on va voir de belles choses mais on va sévèrement se faire chier. Même le générique donne le ton :

L'Éden et après est scindé en deux parties bien distinctes, la première se déroule autour d'une faculté, peut-être sur notre plan de réalité, où des étudiants bourgeois s'emmerdent:


Là, un homme mystérieux invite les jeunes à aller physiquement, concrètement au bout de leurs pulsions, de leurs expérimentations au moment où il est question d'assassiner Violette pour de rire afin de récupérer un tableau dont elle a hérité et dont la vente permettrait à ces jeunes désœuvrés de s'échapper.
Et puis la seconde partie, après que Violette ait retrouvé le corps de l'étranger au bord du fleuve se déroule en Tunisie, probablement dans le plan des phantasmes.
Là, Violette s'y retrouve sujette à la soumission et l'esclavage d'un peintre expatrié : l'homme mystérieux.
Puis à la fin, tout çà pour çà :

L'Éden et après est au moins agréable à regarder. Le bar de la première partie est une sorte de monde en vase clos, un labyrinthe décoré par Mondrian doté de très belles couleurs et de géométries intéressantes, quand à la la seconde, filmée probablement sur place avec ces habitations blanchies à la chaux et ces volets peints d'un bleu magnifiques méritent le visionnement de même que certains tableaux inspirés gentillement de Sade.
L'idée serait de mettre ce film sur un gigantesque écran pour décorer en fond à la maison, parce-qu'avec le son, il finit par être irritant.

vendredi 3 janvier 2020

L'Ecole de l'Amour (1981)

Belle variation sur l'Ecole des Femmes réalisées par Claude Pierson :

Beaucoup de comédie servie par des acteurs qui tiennent la route parmi lesquels, ho joie, Jack Gatteau dans le rôle principal.
Le ton est léger, le sexe est jovial au point qu'on en assiste aux répliques sûrement les plus amusantes du porno français du début des années 80 :

Mika par exemple avec son côté Anémone dans le Père Noël est une Ordure est un délice à écouter et à regarder.
Truculent !