samedi 3 octobre 2026

Glissements progressifs du Plaisir (1973)



Une femme qui joue avec une autre plus jeune qu'elle est retrouvée assassinée d'un coup de ciseau dans la poitrine. Alice, la jeune amante est incarcérée dans une maison de détention religieuse pour y être interrogée et retracer les évènements, les rapports qui la liaient à la victime entre vénalité, haine, amour et prostitution. Les inquisiteurs de corps de métiers variés ont tous plus ou moins une fêlure, à commencer par le magistrat instructeur interprété par Michael Lonsdale  :

Expérimental et surréaliste,ce film d'Alain Robbe-Grillet met un point d'honneur à respecter au moins une de ces deux règles dans le déroulement des dialogues : laisser passer deux plombes avant chaque réplique ou bien partir en association lacanienne du plus piteux effet :



Par chance, Anicée Alvina, l’interprète d'Alice est suffisamment pétillante pour maintenir l'attention et, établissement religieux oblige, les représentants de l'institution ont aussi leur moment critique : 




Considérant qu'il est possible de voir ce film dans de bonnes conditions de nos jours et profiter de sa photo froide mais magnifique, celles et ceux qui ont pu traverser l'Année dernière à Marienbad pourront apprécier ces Glissements progressifs du Plaisir, les autres auront quand même intérêt à s'accrocher.

Enfin, je me demande s'il n'y aurait pas une étude comparée à faire entre ces essais érotiques de Robbe-Grillet et les deux derniers films de Nicolas Winding Refn.

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