Au fil des visionnements guidés par le Dictionnaire des films français érotiques et pornographiques en 16 et 35 mm, nous allons fermer un peu les yeux et nous délecter de quelques extraits sonores, parfois franchement explicites, revendicatifs, amusant, ridicules mais bien souvent étonnants.
Bonne écoute !
Film érotique propre mais sans réelle saveur de Pierre Unia.
Une donzelle quitte sa famille de débauchés bourgeois et intègre un pensionnat ou les fille s'initient évidemment aux plaisirs du touche-touche et du voyeurisme.
Intrigue sentimentale de bas-étage avec la surveillante du dortoir et final sur les île en compagnie d'un jeune homme symbolisant le droit chemin que l'héroïne recherchait.
Certaines scènes de saphisme, bien que prudes sont assez belle. On retiendra surtout l'apparition du groupe les Porte-Mentaux que la génération Top 50 a connu avec son titre un peu rock/pop vaguement new wave "Elsa Fraulein". Sauf qu'en 1984, il s'agissait d'un groupe de punk.
Eeeet oui :
Dora...la Frénésie du Plaisir est un film Hustaix et a peu de choses près, on a l'impression de regarder un film Eurociné avec des inserts hard, quoique les scènes explicites soient authentiques.
Film d'amour dans la brousse, enchaînant l'intrigue principale sûrement tournée aux alentours d'un camping au bord d'un étang boisé et des stocks-shots de films de chasse en Afrique, traite le thème, très rare pour l'époque, de l'homme qui aime nettoyer sa femme avec sa bouche après qu'elle ait été prise par un autre.
L'homme en question est joué par Olivier Mathot qui, accompagné de sa femme, loue les services d'un chasseur blanc pour organiser son safari.
Olivier et son équipe en veulent après un éléphant touché précédemment mais qui a tué un pisteur dans sa charge.
Pendant ce temps, Dora, amoureuse d'Olivier le chasseur, sent ce dernier lui échapper.
Beaucoup d'emprunts un peu partout. L'origine des goûts sexuels particuliers du client sont évoqués par des flashbacks impliquant la scène de viol initial de sa femme d'alors. La musique semble sortir d'un Disney :
Et évidemment, qui dit film de brousse et post-synchro, dit accent de merde :
Pour retrouver Olivier entre ses bras, entre ses cuisses, Dora fait appel à un sorcier vaudou et le sort jeté lui vaudra une crise de démence dans le camp sous l'orage :
Et une fois le grappin mis sur l'être aimé retrouvé, il est trop tard pour échapper à sa rage de jouir (attention, çà crie fort) :
Le film est original, agréable à suivre et le franc parler d'une Dora possédée et avide de sexe est un plaisir pour les oreilles même si la pornographie n'en est pas le point central.
La Donneuse est un drame érotique familial sur l'impossibilité d'avoir un enfant, seulement c'est écrit, réalisé et joué par Jean-Marie Pallardy alors la couleur est donnée dès les premières lignes de dialogue :
Oui, on ne fera pas dans la finesse. Jean-Paul, cadre industriel talentueux, est marié avec la fille du patron de son usine, Françoise. Mais les tests médicaux sont formels : Françoise ne pourra jamais enfanter. François veut à tout prix une descendance alors ils se portent vers la solution de la mère porteuse, légale en Hollande.
La réalisation est un peu faite à la truelle, à grand coup de zooms et de mixage son approximatif à tel point que l'on s'entend parfois gueuler par-dessus une musique d'illustration très envahissante. Faut dire qu'elle est tellement belle et met tellement les sentiments des personnages en valeur hein ?
François/Pallardy veut savoir qui est la mère porteuse, il part une nuit à Amsterdam à sa rencontre, et inévitablement, tombe amoureux de Willeke, tiens d'ailleurs Rutger Hauer fait une apparition derrière son bar. Le "héros", monologue énormément en voix off :
Il y a un côté Patrick Sébastien époque t'M derrière Pallardy avec ce côté humaniste/épicurien pachydermique. Côté écriture aussi çà pèche, avec des incohérences dans le rapport temps/distance dans les aller/retours France-Amsterdam et les départs en vacances aux Caraïbes. Mais c'est l'occasion de voir des paysages et de philosopher sec :
La fin, comme le reste du film d'ailleurs, est dramatique. Du 100% Pallardy.
Si Don Juan était une femme, Roger Vadim nous refait le classique presque à l'envers dans des décors d'époques 70s au milieu d'accessoires et d'ambiances kitchissimes. Il n'a pas fait Barbarella pour rien.
Et tout le long du film, Jeanne (Brigitte Bardot) s'attache à conquérir des hommes, chaque victime étant un défi pour satisfaire son égo :
Et bon sang comme il me semble qu'elle joue mal, jusqu'au moment où elle se prend des claques par un mâle un peu plus dur que les autres (Robert Hossein) où d'un coup, elle est convaincante :
Le film est en flash back sous forme de confession auprès de son cousin de prêtre (sur lequel elle a déjà mis la main, un peu d’amoralité supplémentaire ne fait jamais de mal) car à ce petit jeu, une des victime de Jeanne y laissera la peau :
Il est d'ailleurs intéressant de noter que c'est un saltimbanque qui meurt pour elle, et pas un des hommes d'affaires ou un notable qu'elle a l'habitude de fréquenter. Ceci dit, la scène de suicide est très belle.
Henri Sala pose sa caméra en Côte d'Ivoire et imagine un institut où les personnes conviées doivent se plier aux instructions de la maîtresse du lieu, sous peine d'être attaché et fouetté, et suivent ses cours d'éducation sexuelle.
C'est donc l'occasion aujourd'hui de découvrir en direct la fellation égyptienne, la grenouille sauteuse :
la tête vicieuse, comment jouer à trou madame, le miroir à 2 faces :
2 intrigues se déroulent dans ce paysage agréable, celle ou Christophe Clark se fait passer pour son jumeau pour reconquérir le cœur de la patronne de l'institut, et celle ou Alban Ceray, puni pour ne pas se plier au règlement et mécontent des services du lieu, tente de s'échapper à l'aide d'un membre du personnel :
Le film est léger, mais le hachache est parfois pénible.
Celui-là, vous le trouverez sous le titre de "Fantasmes de Femmes", il s'agit d'une collaboration franco-allemande et c'est l'occasion de voir des physiques (des acteurs/actrices) un peu différents et un abord des scènes hard un peu plus direct dans les pratiques. Mais c'est malheureusement au détriment de la bande son puisque les acteurs français sont doublés, et c'est par exemple un massacre pour la voix de Jacques Gatteau.
C'est d'autant plus étonnant qu'arrivé dans le château où ces dames peuvent passer des vacances à voir leur fantasmes assouvis, Dagobert, l'armure qui bande en ouvrant le casque est doublée par la vraie voix de ...Richard Allan, lui-même présent, mais doublé par un autre acteur !
Le film ayant largement les pieds dans les années 80, on y retrouve Cathy Ménard, qui donne toujours l'impression de faire la tronche ou un peu plus sévère, mais avec des cheveux plus longs et un peu plus de bouteille et çà lui va finalement plutôt bien.
En tout cas, on ne s'ennuie pas dans ce château, la paillardise est au rendez-vous même dans la cuisine :
et Michel Jean tente le clin d’œil au cinéma d'épouvante...même s'il confond Dracula et Frankenstein, on ne lui en veut pas, profitons de la bonne humeur, de la générosité et des bonnes intentions !
Film phare du style hard crad élaboré par Alain Payet (sous le pseudonyme de John love), et préfigurant le genre Gonzo tout en maintenant tout de même un fil rouge scénaristique, même ténu, la Doctoresse a des gros Seins ouvre la voie à une sorte de franchise dans le genre puisqu'il y aura 2 suites produites en vidéo.
Unité de lieu et presque unité d'acteur si l'on considère que Jean Pierre Armand sera quasiment le seul acteur masculin à honorer personnel et patientes occupant cet hôpital qui sera racheté par son père tant le service y est agréable.
On retrouve la bande à Payet avec le nain noir Désiré Bastareaud et surtout Jean-Paul Bride dont la consultation opérée sur une patiente un peu constipée ne pouvait être passée sous silence. La voici dans son intégralité :
Prière de se laver les mains avant d'aller à la cantine.