samedi 12 juin 2021

L'Été Meurtrier (1982)


La présence de l'été Meurtrier dans le Bier semble avoir fait débat car il est vrai qu'il ne s'agit que d'un drame émanent du respectable cinéma français où les actrices sont quelques fois complètement à poil. Ce n'est pas le premier dans le genre et la frontière est floue de savoir si les scènes dénudées y sont une fin en soi ou non...tout dépend si la communauté accepte d'être pris pour des imbéciles.

Enfin, en tout cas le film ne commence pas très bien avec ce procédé paresseux qu'est l'emploi de voix off : 


Mais on verra plus tard que quelques personnages auront droit à la parole dans ce mode. La jeune Éliane se traîne une sale réputation, et le trentenaire Pin-pon aimerai bien monter dans le train qui semble avoir coutume de lui passer dessus :  

De fil en aiguille, il arrivera a mettre la séduire, mais il s'avère que c'est plutôt elle qui viendra le chercher. Parce qu' Éliane a une grosse fêlure, et un plan pour la colmater.

Depuis Brigitte Bardot, mais c'est devenu flagrant dans les années 80, on a vu se développer ce que j'appelle les films "de frangine". Avec une jeune actrice qui fait la moue, fait des caprices, se met de temps en temps à poil pour assurer le remboursement de l'avance sur recette du CNC, exprime son mal-être et tente de le résoudre en une heure et demie. Du cinéma de festival de films d'auteur acceptable mais avec un peu de cul quand même pour qu'on en parle.

Mais ne boudons pas notre plaisir, les acteurs sont réellement bons, l'histoire se suit avec intérêt, Alain Souchon est touchant de naturel et Adjani est magnifique. Et c'est aussi le genre de film qui fait du bien à regarder car il n'insulte pas l'intelligence du spectateur, il y a d'ailleurs quelques saillies qui font mouche : 

Et une chansonnette  d'Yves Montand : 



vendredi 21 mai 2021

Et mourir de Plaisir (1960)



Roger Vadim explore le thème de la malédiction des vampire en filmant sa femme du moment. Il prend bien soin de poser le thème à travers l'histoire d'une famille italienne nettoyée de ce mal :

Mais impossible de dire si Carmilla, jalouse de sa cousine qui va se marier est la dernière descendante ou non.

Et mourir de Plaisir est l'occasion de se balader dans une partie perdu de la campagne romaine magnifique ayant bénéficié de bons repérages. Les doublage français accusent d'étranges accents et pendant quelques scènes, des précis de vampirisme sont inculqués à 2 jeunes filles pendant que l’enquête suit son court :


Si le mystère reste entier, il est dommage qu'il ne puisse s'empêcher de verser un peu dans la psychanalyse à 2 balles lorsqu'il faut aborder la conclusion : 


Une bonne ambiance.

mercredi 12 mai 2021

Et il voulut être une Femme…(1977)


"Venez voir Miss France se faire sodomiser!", "Regardez un travesti se faire lubrifier de derrière à l'huile de vidange!", au cours de sa carrière Michel Ricaud a beaucoup tablé sur la racole pas toujours de bon goût pour attirer le chaland avide de curiosité pornographique tel un forain du début du siècle dernier (ou la famille Lesoeur et leur firme Eurociné). Pourtant dans Et il voulu être une Femme...s'il fait à nouveau le bateleur nous invitant à payer le prix du ticket pour entrer voir le quotidien d'un transexuel et sa transformation:
 

son affaire est ambivalente. En tous cas il montre plus de sincérité et d'attention qu'à l'accoutumée.
Au-delà des moments choc comme l'opération et les témoignages roublards comme celle du collègue de la pompiste transsexuelle : 

ou le moment à la limite de la malhonnêteté qui recueille les impressions d'un acteur de film pornographique qui pensait avoir tourné sa scène avec une vraie femme (s'agit-il d'un montage ou bien a-t-il été abusé par le réalisateur ?) : 

Ricaud a pu capturer des instants de parole rares et sans fard, témoins de l'évidente confiance qu'il a su installer avec Elysa, la transsexuelle au centre du documentaire qui raconte son enfance au Brésil, son arrivée et France et sa démarche qui mène à l'opération. Il y a également cette rencontre avec une coiffeuse qui rapporte ses difficultés quand à sa condition et son rapport au marché du travail dans une interview puissante dans un Français qui fait du bien à entendre : 

vendredi 23 avril 2021

Et Dieu...créa la Femme (1956)


Le temps n'aidant pas, difficile d'aborder un film avec Brigitte Bardot sans préjugé. Erreur, dans Et Dieu...créa la Femme, elle incarne à la perfection la femme très jeune qui fout le bordel dans la tête et le caleçon des mâles. 11 ans après la fin de la seconde guère mondiale une autre libération doit se mettre en place, celle se faire ce que l'on veut sans vraiment savoir ce que l'on veut. Et c'est bien tout le problème de Juliette, jeune orpheline dont le comportement oisif et volage fait scandale dans toute cette ville de la Côte d'Azur.


Parsemé de dialogues parfois pesant du fait de l'époque (et de ce que Vadim avait probablement en tête) certaines répliques qui font mouche.

 

Je n'ai mis d'extraits audio parce que je pense qu'il faut voir le film en entier pour bien se rendre compte comment Brigitte Bardot peut, avec ses intonations de gamine capricieuse et nonchalante balancer des répliques piquantes qui sonnent pourtant le plus naturellement possible.

J'avais mal préjugé.


samedi 17 avril 2021

Estivantes pour Homme seul (1978)


Dispositif minimal, 2 hommes, 2 femmes et la montagne. Un autre homme incapable de prononcer la moindre parole les observe. Estivantes pour Homme seul use des mêmes recettes que le slasher dont les codes ne sont pourtant pas encore établis. Étonnant.

A l'issue de la première nuit, une des 2 filles, la plus frigide, a disparu, ce qui casse un peu l'ambiance déjà pas folichonne entre les amis :

L'homme sauvage met ensuite la main (et pas que) sur la deuxième fille qui ne demande pas son reste et apprécie la rencontre : 


C'en est trop, il faut trouver un moyen pour coincer le forcené, là les 2 gars imaginent un plan qui devrait se dérouler sans accroc : 

S'il est simple dans son déroulement, ce petit film n'en est pas moins efficace. Les acteurs mauvais comme des cochons dans les scènes de comédie donnent de la personne et il est étonnant de voir Gabriel Pontello d'habitude en Julien Lepers de la baise transformé ici en brute en peau de bête ahanant tant qu'il peut.

samedi 10 avril 2021

Estelle et Flora (1978)


Encore une belle petite pièce de Pierre Unia. Estelle est vendeuse dans une boutique d'art pour le compte d'un gros patron moustachu et lourdingue. Pour répondre à la demande croissante d'art primaire, avec son amie Flora, elle se fait offrir des vacances en Côté d'Ivoire mais son chef leur met aux basques un détective manquant de discrétion.

Le film est frais, léger, on sent comme une envie de donner un ton naturel diamétralement opposé aux films d'éducation de femme dans des appartements bourgeois, et çà fait du bien.

Je confirme les dires de Gilles Esposito dans le Bier, Barbara Moose est très choupi dans le rôle de la copine Flora.

Laurent Voulzy y a assuré 2 illustrations sonores, mais rien de notable.

J'ai par contre mis le doigt sur un accent non identifiable lors d'une scène de sexe par téléphone interposé, si quelqu'un peut m'aider...

vendredi 26 mars 2021

Esclave pour Couple (1980)


Tout comme c'était le cas pour Karine Gambier dans Echange de Partenaire, il semble que Nicole Segaud tienne dans Esclave pour Couple l'un de ses meilleurs rôles, en tous cas un qui lui va parfaitement si l'on considère les mémoires de Richard Allan.
Elle y interprète une célèbre écrivaine autoritaire à priori hémiplégique qui engage pour ses vacances une fille de compagnie sous les termes radicaux d'un contrat de servitude:

Il faut la voir avec sa moue dédaigneuse et son regard méchant, très convaincante.

En face d'elle la jeune fille de service parait d'abord fermée jusqu'à ce qu'elle rencontre l'amour dans le regard d'un pécheur du coin, cette rencontre va même jusqu'à transformer sa physionomie, d'une certaine manière. Mais la patronne en a décidé autrement et lui réserve un sort des plus crapuleux : 

Esclave pour Couple est un film aux nombreuses qualités,écrit par Raphaël Delpard à qui l'on doit aussi la Nuit de la Mort décortiqué dans le passionnant Vidéotopsie N° 17 il verra les rôle plus ou moins s'inverser, au moins les masques tomber, faisant sombrer son personnage principal dans le nihilisme le plus total :

Le mari, éditeur alcoolique ne fait que tapisserie contrairement à la musique très présente mais qui appuie constamment l'action à bon escient.

Et s'il fallait rester sur le traitement du son, on entend parfois la machine à écrire fonctionner pendant que les scènes se déroulent, semant la confusion entre ce que l'écrivaine imagine poser dans son livre et ce qu'il se passe pour de bon, le lien est particulièrement ténu lors de la scène de nuit dans les bois entre les deux hommes masqués en animaux dont l'idée est bien plus cuisante que son exécution à l'image.

Enfin, certains plans laissent à penser qu'une version soft semble avoir été envisagée, mais cela reste à confirmer.