Au fil des visionnements guidés par le Dictionnaire des films français érotiques et pornographiques en 16 et 35 mm, nous allons fermer un peu les yeux et nous délecter de quelques extraits sonores, parfois franchement explicites, revendicatifs, amusant, ridicules mais bien souvent étonnants.
Bonne écoute !
Heureusement qu'il y a Jack Gatteau et son jeu si réjouissant pour éveiller l'intérêt dans ce triste film à sketch...(ou film de montage ?) de François Davy. Il y joue un scénariste qui doit écrire le script d'un nouveau film pornographique. Pour terminer son boulot dans de bonnes conditions, il s'adjoint les services d'une dactylo qui vient faire son premier essai :
S'ensuivent le visionnement d'une succession de scènes de sexe largement dominées par des gros plans peu enthousiasmants. On note cependant la présence de Richard Allan qui vient besogner une actrice noire sans effet de montage, chose étonnante lorsque l'on sait qu'il a dû se faire doubler dans La Femme Objet pour une scène similaire dans la mesure où il éprouvait des difficultés à faire le travail à fond avec des partenaires de couleurs.
Enfin, la tension et la chaleur montent dans le studio du scénariste, Cathy Dupré, la dactylo a plus la tête à reproduire ce qu'elle voit à l'écran que de prendre note des idées du scénariste.
Une comédie polissonne de Pierre B. Reinhard pas si navrante que çà tant le niveau a pu être bas dans le genre avec Brigitte Lahaie, Roger Carel et et Pierre Doris.
Elle prend place pendant la seconde guerre mondiale, à quelques heures du débarquement de Normandie et l'action se déroule dans le bordel/cabaret d'un petit village en bord de Manche.
Le Diable Rose tient surtout la route pas ses acteurs de haute volée (oui oui) Brigitte Lahaie assure son rôle d'espionne de la résistance/strip-teaseuse avec un naturel qui laisse pantois, et si Roger Carel cabotine trop en général allemand, difficile quand même de ne pas esquisser quelques sourires lorsqu'il interagit avec ces dames.
On note également 2 personnages parfaitement écrits et interprété pour ce type de comédie franchouillarde : Clémentine la vieille bonne de la maison (jouée par Jeanne Herviale qu'on échangera jamais contre une Marthe Villalonga) et Niniche (caompée par une Marina Borringer magnétique).
Est-ce que Brigitte Lahaie a vraiment donné de la voix lors de l'interprétation des chansons paillardes ?
Drame érotique anti-bourgeois comme il a pu s'en faire au milieu des années 70 en France. Ici, on est dans le foyer classique qui pue la naphtaline, Monsieur est un sale con toujours au boulot qui se fait sa secrétaire et lutine la fille au pair qui s'occupe des 2 mioches, Madame est bien sous tous rapports et veux que rien ne dépasse. Et il y a surtout l'aîné de la couvée, étudiant qui se passionne pour les collages surréalistes et, comme son père, sur l'Anglaise Linda qui garde les gosses :
Et ce fils qui s'emmerde à mourir, trop introverti est aussi la risée de son père :
Jusqu'au jour de noël où il fait plus chaud que d'habitude dans les têtes et les culottes, et que Monsieur se retrouve au pieux avec la donzelle, puis avec une balle dans le coffre administrée par le fils qui s'est fait poser un lapin.
Le fils et Linda partent se réfugier dans une maison de campagne de la famille et, après l'établissement des règles du siège et de la prise d'otage molle, on fait le point sur ce qu'on attend de la vie...c'est pourtant tellement simple :
Mais le temps passant, le doute parfois s'installe, et les rôles s'inverse. Ho, le jeune Eric aura bien baisé Linda au moins une fois, mais ce n'est pas le foudre de guerre qu'elle espère, il se laisse aller et elle commence à porter la culotte presque littéralement.
Chanson :
Si l'ensemble du film de Bernard Queysanne est austère et frileux alors que le personnage de Linda, interprété par Jane Birkin aurait pu constituer une solide réserve de légèreté et de souffre, la fin, en revanche est des plus réjouissante, on règle ses comptes avec sa mère coincée du cul depuis son entrée dans la bourgeoisie :
et on finit par tirer sur les flics qui viennent faire chier au moment où l'on trouve la paix.
Deuxième sous-sol est un porno homo de petite tenue de la part de Jean-Daniel Cadinot.
On lui a connu des scènes hard et des ambiances plus chaudes, plus planantes et parfois un peu sombres. Ici tout parait bien plus froid et faussement trash dans ce décor urbain essentiellement composé de sous-sol de parking sous-terrain et d'appartements d'époques.
Il y est question d'une valise curieusement garnie que 2 loubards gaulent à un notable local (le maire de Paris !?) :
Le retour au propriétaire fera l'objet d'un chantage et d'une punition attendue.
Point notable, l'apparition d'une fille lors d'une scène de rasage de parties intimes puis de partouze dans un appartement, avec, en fond sonore, d'étrange pleurs de bébé :
Même la musique, mélange de funk et de soul des années 80 n'est pas du meilleur choix pour un réalisateur qui a souvent privilégié de belles musiques synthétiques.
Jesus Franco mélange les genres, espionnage, érotisme, comédie légère et dirige ses acteurs jusque dans le studio de doublage cette fois. C'est l'occasion d'entendre celle qui est devenu sa nouvelle muse jusqu'à la fin de ses jours, Lina Romay, jouer en Français avec un accent très prononcé :
Elle joue Candy et avec sa copine Nadine, elles sont sorties de prison pour servir d’appât et enquêter sur un potentiel trafic de femmes aux Canaries.
Elles débarquent donc dans une boîte de strip-tease tenue par les suspects et sont prise en main par le directeur artistique homosexuel du lieu....enfin, elle le finissent par le prendre en main aussi :
De nombreuses aventures attendent Candy qui sera kidnappée, prendra la place d'une victime du trafic censée servir de monnaie d'échange et échappera à ses geôliers dans une tenue absolument abominable : un maillot de bain et un bonnet de bain en lamé (là il faut vraiment voir le film pour assister à cette course poursuite d'un goût très particulier) :
Son nouvel ami la met ensuite en sécurité dans une communauté hippie troglodyte :
avant qu'elle ne soit retrouvée et que l'assaut final ne soit donné.
Parfois diffusé sur les chaînes du câble à l'époque, on note que Jesus Franco a surtout donné un ton très frivole à ce film agréable, contrebalancé par la noirceur de la relation qu'entretient le couple de trafiquants de chair fraîche. par ailleurs l'irruption de la communauté hippie au 3ème quart du film, parait-il totalement improvisée car il s'agissait d'une bande qui squattait le lieu de tournage relance un peu plus l'intérêt et la légèreté de la chose.
Les Deux Mains dans la Culotte est un film de montage interminable de Jean Luret durant pourtant moins d'une heure.
Le fil rouge des scènes ajoutés au lance pierre nous font suivre l'escroquerie que monte un faux émir pour s'approprier la demeure et les femmes (domestique et la femme même) d'un petit bourgeois de la Côte d'Azur.
Ce dernier passe son temps à de saines lecture délasse sa femme et teste les bonniches à tour de queue, elles aussi férues de lecture instructive :
Ça fait envie...
Heureusement, il y a la musique et quelques belles chansons...tenez, je vois que vous insistez :
Aucune raison pour qu'il n'y ait que moi qui souffre.
Quand à l'émir, il s'agit de Paul Bisciglia, doublé comme tout bon fan de Pierre Péchin qui se respecte :
Petite comédie inoffensive qui aurait plus trouvé sa place sur une scène de théâtre que devant une caméra, 2 grandes Filles dans un Pyjama est l'occasion de se délecter de 2 accents d'une jeune suédoise et d'une jeune anglaise récupérée à la sorite de l'aéroport par un français moyen au moment où sa femme doit s'envoler pour l'Ecosse :
Dans la pure tradition du théâtre de boulevard de bas étage, le voisin du rabatteur, bien plus séduisant, sera lourdement impliqué dans la tromperie alors qu'il ne désirait que la paix pour pouvoir travailler.
Nous avons alors droit à quelques plans de fesses ou de nichons pour nous sortir de la torpeur causée par le déroulement en pilote automatique :
Et de temps en temps de l'intervention de Michel Galabru qui fait son sketch habituel, saupoudré d'un esprit qui flatte le mâle prônant le sens du sacrifice de ces dames :
jusqu'à l'aboutissement du phantasme du petit beauf qui sommeil en chaque spectateur : avoir à portée de main 2 jeunes femmes dévouées.